Walerian Borowczyk | Offscreen
Walerian Borowczyk (1923-2006), d’origine polonaise, était un artiste touche-à-tout. Après des études de peinture, il a commencé par mettre son sens du détail et son amour de l’image au profit des affiches de film. Ensuite, primé en 1958 au Festival du film expérimental de Knokke-Heist pour son film d’animation "Dom", il a utilisé sa récompense pour s’installer à Paris. Il y a réalisé une série de courts-métrages associant différentes techniques d’animation et impressions surréalistes. Dans la même veine, son premier long-métrage en live-action, "Goto, l'Île d'Amour", s’approprie les codes du cinéma moderniste des années 60. C’est dans son film "Blanche" que l’on retrouve véritablement ce qui deviendra sa marque de fabrique : une histoire qui se déroule dans le passé avec un souci du détail digne d’un historien, filmée avec une grande sensibilité pour la beauté féminine et la composition. L’érotisme latent de “Blanche” prendra une tournure bien plus explicite et subversive dans "Contes Immoraux", "Behind Convent Walls" ou encore "La Bête".
The Story of Sin
Après un passage remarqué sur la scène arthouse parisienne, Borowczyk retourne en Pologne pour tourner cette adaptation d’un roman classique. Au début du 20e siècle, une jeune femme part à la recherche de l’homme dont elle est éprise et devient la cible d’ignobles criminels et de bourgeois utopistes.
Goto: L'Île d'Amour
Dans son premier long-métrage en live action, Borowczyk imagine un tyran qui règne sur une île coupée du monde après un séisme. Son épouse, Glossia, compte toutefois s’échapper de sa prison dorée. Une sorte de cauchemar saugrenu et grotesque non dénué d’humour, une satire politique au montage surprenant.
Blanche
Au Moyen-Âge, un baron sénile (Michel Simon) est marié à la pure et innocente Blanche (l’épouse de Borowczyk), dont le charme ne semble laisser personne indifférent. Une œuvre étrange et perturbante où chaque scène est un tableau et où la composition rappelle les tapisseries et enluminures médiévales.
Contes Immoraux
Quatre contes illustrent la virginité, la masturbation féminine, le vampirisme et l’inceste, en remontant dans le temps : signe que ces tabous sont une constance dans l’histoire de l’humanité. Ce film a offert la réputation de pornographe artistique à Borowczyk et un de ses premiers rôles à Fabrice Luchini.
La Bête
Une riche héritière anglaise se rend en France pour un mariage arrangé avec un jeune homme issu de l’aristocratie. Lors de sa première nuit dans le château, elle rêve qu’elle se fait violer par une créature poilue. Une comédie noire qui défie les lois du bon goût et qui scandalisa le public à sa sortie.
Les Héroïnes du Mal
Dans cette compilation de trois épisodes érotiques et oniriques, les femmes se servent de leur sexualité pour triompher de l’oppression des hommes. Borowczyk explore cyniquement le moralisme bourgeois et la vengeance gratuite et dépeint même l’éveil sexuel d’une petite fille avec son lapin.
Théâtre de M. et Mme Kabal
Monsieur Kabal est terrorisé par son épouse, une femme-robot acariâtre, et rêve d’un harem de belles jeunes femmes. Un récit ambitieux tissé de petits faits et de détails anecdotiques sur les hauts et les bas de la vie conjugale. Cette curiosité, hautement absurde, mélange prises de vues réelles et animation.
Behind Convent Walls
Dans “Intérieur d’un couvent”, des sœurs vivant dans un couvent italien sont frustrées par la discipline excessive de la mère supérieure et s’adonnent à des pratiques sexuelles hors normes. Borowczyk dénonce ici l’hypocrisie catholique, toujours avec un sens de l’humour et du grotesque qui le caractérise.